Tu as toujours préféré regarder sa force.
Tu fermais les yeux sur sa fragilité, sa vulnérabilité.
Tu l’as consolée de tant de blessures.
Mais tu ne l’as pas encore consolée de celles qui se sont ouvertes sous la lame d’un couteau qui était tenu à deux mains, dont la tienne.
Tu t’accroches à l’apparent résultat : « je suis fière de ce qu’elle est devenue ».
Mais elle a inversé les eaux: à la surface, elle laisse le calme flotter, en profondeur, les vagues frappent.
Quand elle essaie de te faire goûter au sel de ses larmes, tu plonges pour retrouver le calme.
La lassitude d’être forte, d’être autonome, indépendante, courageuse, la lassitude de t’avoir aidée là où tu n’as jamais pu le faire, elle est lassée et fatiguée.
Elle ne veut qu’une chose: que tu vois sa vulnérabilité, ses fragilités qui sont prêtes à se rompre à chacune de ses respirations.
Elle a de la colère qui ne s’épuise pas.
Elle aussi, veut attraper la main qu’on lui tend, elle veut qu’enfin tu la protèges, que tu la consoles des blessures que tu as causées.
Regarde la au fond du cœur et contente toi de fermer les yeux, de sentir ses douleurs.
Dis-lui que tout ira bien.
Poème N°6

Tirage N°6
Tu as toujours préféré regarder sa force
Mélina Cointe Da Silva