La nuit, au tréfonds de son sommeil, en proie à son inconscient, honnête, elle avouait sa douleur.
Plus rien ne retenait sa pensée, sa raison somnolente dans les bras de Morphée.
Elle n’était pas assez pour être celle que l’on choisit, dans le tumulte d’un conflit cornélien.
Le verre de trop, doux amer, noyait mieux les chagrins que son sourire, innocent.
Le verre, plutôt qu’elle.
Le cœur de pierre aux mains de fer, dont les gants de velours étaient tombés après la séduction, était bien plus fort que son petit cœur tout mou, et ses larmes, vaines.
L’homme, portrait craché de Narcisse, perverti, plutôt qu’elle.
Une mère aux bras de Narcisse, un père au bord de son verre, elle, second choix, dans l’embrasure de la fenêtre, au bord de la fin.
À un saut de libérer des vies, dans lesquelles elle se sentait de trop, à force de n’être, apparement, pas assez.
Mais le jour est toujours venu lui tendre la main, la fenêtre de sa chambre ouverte sur l’espoir d’un lendemain meilleur.
Les yeux ouverts, le cœur lourd des souvenirs de la profondeur de sa nuit, petite fille a serré son doudou, comme si c’était elle. Elle s’est prise dans ses bras et a murmuré, tant de fois, que tout irait bien et qu’elle était assez.
On ne l’avait pas choisie, mais elle se choisirait.
Poème N°4

Tirage N°4
La nuit au tréfonds de son sommeil
Mélina Cointe Da Silva