Tant de fois
Elle s’est demandé
Et si
Tout avait été différent
Et si
D’un coup d’ailes comme celles d’un oiseau qui fouettent l’air pour planer
Elle avait pu
Tout effacer
Sentirait-elle un poids rouler des ses épaules à ses pieds ?
Son coeur serait-il plus léger ?
Se serait-elle tant de fois endormie, épuisée par la douleur des larmes versées ?
Avec des Et si
On refait le monde
Parfois elle rejoue le dé de la vie
Et finalement
Elle décide que tout est bien ainsi
Elle ne rêve pas d’ailes pour effacer
Elle les regarde les yeux grands ouverts
Elle imagine les siennes se déployer
Pour voler aux côtés de l’oiseau moqueur et observer les rivières
De douleurs et de joies
Couler
Mais la peur la rattrape
Et si les eaux acides du passé l’éclaboussaient encore
Alors qu’elle a tout juste constaté qu’elle pouvait voler
Mais que ses angoisses la clouent au nid
Laisse venir la cigogne
Tu n’es pas toute seule
Elle sera heureuse de te porter
Pour que tu voles un peu sur son dos
Avant de sentir l’air te porter à ses côtés
Demander de l’aide c’est aussi courageux.
